**★ Prologue**

**★ Prologue**
Yaoi-Weltkrieg

ou comment rencontrer l'âme-soeur en voulant quitter la misère et en en découvrant une autre...


Je te remercierais jamais assez, je t'aime pour toujours...


ELLE vend tout ce qu'elle a sur Tokio Hotel (posters, magazines (jusqu'aux plus anciens), t-shirt, livres, gourmette, bague) ect...




Je refait entièrement ma fiction : je corrige les chapitres, je change les photos, mais surtout je change les prénoms. Plus de Tokio Hotel !
Bill devient Elie
Tom devient Tomas
Gustav reste Gustav
Andreas reste Andreas
Georg devient Jan (prononcer Yan)
Simone devient Anessa.


Chapitres refaits jusqu'au 38 ! & Photos jusqu'au 6.



FICTION TERMINEE !


Prologue :

Elie n'avait pas de famille. Il n'en avait jamais eu. La guerre qui commença en 1914 fut alors pour lui la seule chance de quitter cet affreux orphelinat. On lui avait toujours dit que les soldats qui en revenaient étaient tous victorieux et à force, il en fut convaincu. Comme des milliers d'autres, il partit « la fleur au bout du fusil », comme on dit. Un sourire radieux illuminait son visage, preuve qu'il ne se doutait absolument pas de ce qu'il lui attendait là-bas.
Cela faisait pourtant trois long mois que la guerre avait éclaté. Mais personne n'osait souffler mot de l'horreur naissante sur les champs de bataille. Tous les journaux affichaient en gros titres que la paix était proche, que l'Allemagne était sûre de gagner, et même que les balles des ennemis n'atteignaient pas nos valeureux soldats. Alors qu'en réalité...nombreux seront ceux qui n'en reviendront pas indemne, ou n'en reviendront pas du tout.
En effet, parmi les tirs incessants et les centaines d'obus qui sciaient l'air en une seule et même journée il pouvait être difficile revenir vivant de se brasier infernal...
Avant même que la division de Elie n'atteigne le lieu du combat, un obus explosa non loin de la troupe dans un océan de poussière et de terre brûlante. Un morceau de fer transperça le front du soldat qui était juste derrière Elie. Le choc fut si brutal qu'il en tomba à terre. Le sang coulait à flot. Le général de division jeta un rapide coup d'oeil sur le corps puis ordonna au reste de la troupe terrorisée de ne pas y toucher et continuer la marche.
Notre pauvre jeune garçon ne pouvait quitter des yeux ce corps haletant. La victime n'était malheureusement pas morte sur le coup et souffrait atrocement. Elie ne savait que faire. Il était promis à une mort certaine et très douloureuse.

- « Soldat Neumann ! Si vous ne voulez pas terminer comme ça je vous conseille de nous suivre immédiatement ! Exécution ! » aboya le général

Ça...comment pouvait-il dire ça...n'avait t-il donc aucun coeur ? Aucun sentiment ? Cette personne, qui d'autant plus vient de mourir a un nom ! Il a une famille, une vie ! Comment pouvait-il en être aussi indifférent ? ...
Non...Elie n'avait aucune idée de ce qu'il l'attendait, et tout ce qu'il venait de se passer n'était qu'un avant goût comparé aux situations futures auxquelles il allait devoir faire face...
Notre pauvre Elie regrette déjà d'être venu...mais ne pouvait hélas revenir en arrière...
# Posté le mercredi 20 février 2008 13:18
Modifié le lundi 29 juin 2009 05:53

**★ Chapitre 1**

**★ Chapitre 1**
Quelques heures de marches sous le soleil brûlant plus tard, il fut enfin arrivé sur le lieu de combat. Et là, à la vue des corps desséchés, des hommes mourants et des garçons plus proches des enfants que des adultes aux visages déchirés, la troupe commença seulement à comprendre l'horrible réalité qui les attendait. Le général sans pitié ordonna aux soldats morts de peur d'aller se battre sur la troisième ligne. Chacun se demandait s'il aurait ou pas la chance de revenir vivant de cet enfer, de dire au revoir à leur femme et à leurs enfants, s'ils auraient ou non la possibilité de revoir un jour les personnes qu'ils aiment...

Elie avança lentement jusqu'à une place libre, enjambant les cadavres en putréfaction la main sur la bouche pour s'éviter de vomir. Il ne put malgré tout pas retenir un haut le c½ur à la vue d'un énorme rat mangeant le reste d'un cadavre encore chaud.

En ayant enfin trouvé une, il fut tétanisé. Que devait-il faire ? Il n'avait jamais touché une arme de sa vie. Et encore moins tué quelqu'un. Surtout sans raison. Mais pourquoi était-il venu se battre ici ? Pourquoi avait-il quitté son ancien orphelinat ? Il n'était peut-être pas parfait, mais au moins il n'y avait aucun risque de mourir ! Il regretta pour la première fois l'horrible directrice qu'il détestait, l'affreuse nourriture de la cantine, et même son odieux compagnon de chambre qui s'amusait à rendre sa vie en enfer. Mais tout cela n'était rien en comparaison à ce qu'il s'apprêtait à vivre...

Il posa très lentement son fusil sur son épaule et tira une balle au hasard, priant les cieux pour qu'elle n'atteigne personne. Tous ses muscles étaient crispés par la peur et des gouttes de sueur dégoulinaient le long de ses tempes. A l'instant où il s'apprêtait à appuyer une seconde fois sur la gâchette, une balle vint percuter en plein c½ur le torse de son voisin qui s'écroula sur le sol. Elie lâcha brusquement son arme et s'agenouilla près du soldat, ne sachant que faire.

- « Ça se voit bien que tu es nouveau toi...Sinon tu ne serais pas la à t'inquiéter de mon triste sort mais plutôt à essayer sauver ta peau pour ne pas finir comme moi...” il marqua une pause, posa sa main sur sa blessure sanguinolente, puis poursuivit “Je suis ici depuis le début de cette putain de guerre. Comme toi, je pensais être de retour chez moi dans moins deux semaines, mais cette guerre a pris des tournures que rien ni personne n'aurait imaginé... Regarde donc ces trous dans lesquels on est, petit...ça s'appelle des tranchées. On avait jamais vu ça avant...Je pensais pourvoir aller jusqu'au bout je...je pensais pouvoir tenir le coup...mais le destin en aura décider autrement... »

Le soldat gémit, puis rendit son dernier souffle devant un Elie plus qu'effrayé. Que devait-il faire à présent ? Déplacer le corps ? Ne surtout pas y toucher ? Il n'eut pas le temps de se poser d'autres questions qu'un obus de taille moyenne atterri à quelques mètres de lui. La puissance du souffle fut telle que le maigre corps de Elie fut projeté à des dizaines de mètres. Des gerbes d'étincelles jaillissaient de l'endroit où l'objet meurtrier était tombé. Un nuage de poussière et de morceaux de ferrailles recouvraient désormais la zone. Quand il retomba sur le sol, Elie perdit connaissance quelques instants, jusqu'à ce qu'un autre soldat vienne le tirer du royaume des songes. Son sauveur lui secoua gentiment l'épaule, de peur qu'il soit blessé. Elie ouvrit les yeux avec difficulté et toussa quelques grains de terre. Sa vue fut d'abord brouillée et floue. Il distinguait vaguement les traits d'un fin visage inquiet penché au dessus de lui. Puis les contours de sa peau se dessinèrent lentement. Ce qui le frappa tout d'abord chez ce jeune homme était sa beauté. Elie le trouvait...magnifique. Le plissement de ses yeux, ses petites fossettes quand il sourit en réalisant qu'il était vivant, ses petites étoiles dans ses yeux, ses belles dents blanches... Le tracé de son visage était très fin, et des petites traces de boue maculaient sa peau...La vue de cet ange redonna des couleurs à cette guerre si noire, à notre pauvre Elie qui avait presque perdu espoir... Pendant qu'il le regardait, ce fut comme si l'on avait arrêté le temps, comme si la guerre n'existait plus, qu'elle n'avait jamais commencé, qu'ils n'étaient que tous les deux. Seuls.

Un coup de feu un peu plus fort que les autres le tira à contre c½ur de ce joli rêve et le ramena à la triste réalité. La guerre était toujours présente, plus meurtrière à chaque instant, volant des vies gratuitement...et des milliers de corps à qui on l'avait volée gisaient sur le sol.

Le bel inconnu entrouvrit ses jolies lèvres roses pour parler :

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# Posté le jeudi 21 février 2008 07:26
Modifié le lundi 29 juin 2009 05:57

**★ Chapitre 2**

**★ Chapitre 2**
Le bel inconnu entrouvrit ses jolies lèvres roses pour parler :

- « Hey ça va ? T'as rien ? »

Elie ouvrit péniblement ses yeux embués de poussière et fut pris de panique. Il commença à s'agiter sans raison pour essayer de se relever. Mais au moment où il allait se mettre debout, sa jambe fléchit sous son corps et il s'écroula une nouvelle fois sur le sol.

- « Oh doucement fais attention je vais pas te faire de mal moi ! Calme toi allez calme toi... » continua-t-il

Sa voix se voulait douce et rassurante. Il essayait de le mettre en confiance. Il chuchotait mais notre bel androgyne l'entendit malgré les bruits environnants.

- « Comment tu t'appelles ? Ça fait combien de temps que t'es ici ? » lui demanda-t-il

Elie ouvrit la bouche pour parler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il était tétanisé malgré la présence rassurante de cet inconnu.

- « Bon tant pis » fit-il dans un sourire « moi c'est Tomas. Tomas Hayden. J'ai dix-huit ans et ça fait environ un mois que je suis ici. A mon avis toi tu viens d'arriver vu ton état ! Allez s'teuplait dis moi comment tu t'appelles.»

Elie se fit violence et réussit, non sans peine, à articuler quelques mots.

- « Euh... m-moi c'est Elie, dix-huit ans et...et j'viens d'arriver. » prononça-t-il timidement
- « D'accord t'as vu j'avais deviné » dit-il doucement avec un clin d'oeil..

Tomas réussit à lui faire arracher un demi sourire. Le brun essaya une nouvelle fois de se lever, plus doucement, et fit quelques pas en boitillant. Il se rendit compte qu'il avait un léger hématome sur la jambe droite dû à la chute, donc il se rassit, et mit sa tête entre ses mains, épuisé. Mais pourquoi donc avait-il pris part à cet enfer ? Pourquoi ? Quelle leçon pourra-t-il plus tard en tirer ? Il ne le savait pas encore mais pourtant il reviendra plus fort, plus résistant. Il sera moins sensible, moins timide. Après avoir vu la mort si proche, douloureuse et destructrice, après avoir eu si peur, il méritait au moins ça ! Si bien sur il revenait.

Tomas s'approcha lentement de lui et posa sa main sur son dos, ce qui fit le légèrement frissonner. Sa présence lui semblait chaleureuse...et quelque peu familière. Il ne connaissait de lui que son nom mais il le devinait infiniment gentil, affectueux et prévenant. Quelques larmes, qu'il ne put retenir coulèrent malgré lui le long de ses joues brûlantes. Pouvait on paraître fort après ce qu'il s'apprêtait à vivre ? Non...c'était inimaginable...

Ces larmes, Tomas les remarqua aisément...Il ne les connaissait que trop bien. Elles étaient d'ailleurs la raison de sa présence ici. Il ne voyait pas l'intérêt de rester chez lui à souffrir, s'il pouvait se rendre utile au combat ? En effet, Tomas était depuis longtemps condamné, trop longtemps. Il préférait mourir ici, en héros, plutôt que seul, inutile. Trop de larmes avaient coulé depuis qu'il avait appris la nouvelle. Trop de larmes inutiles. Son entourage le pleurait et le pleurera encore... Ils ne voulaient pas qu'il parte. Mais Tomas trouvait leur attitude plus qu'égoïste. Ils voulaient le garder le plus longtemps possible. Mais cela pouvait se comprendre n'est-ce pas ? N'essaieriez-vous pas de profiter de votre ami ou fils lorsque vous savez que les jours de celui-ci sont désormais comptés ? Jour après jour, on le sentait une peu plus proche de la mort. Elle arrive sans qu'on ne puisse l'arrêter pour le prendre. Mais que voulez-vous ? La vie est ainsi...Elle peut être belle, parfois, mais également courte...trop courte.

- « Euh...Allez pleure pas, t'es plus tout seul maintenant...si tu veux je peux rester avec toi hein ? »

Tout seul...ces mots résonnèrent dans sa tête...Il avait toujours été tout seul. A l'orphelinat, il n'avait jamais eu aucun ami. Et avant, il était trop jeune pour s'en souvenir. On lui avait juste dit qu'on l'avait retrouvé devant la porte de l'orphelinat, dans un berceau bien trop petit pour sa taille. Il était endormi et avait une véritable petite bouille d'ange qui attendrissait quiconque le regarderait...sauf la froide directrice. Ses petites lèvres roses suçaient délicatement son pouce et une légère somme d'argent accompagnait le panier. Juste assez pour payer l'adhésion à cet orphelinat. La femme, avec son habituel dégoût, prit l'enfant par deux doigts et le jeta sur le lit d'une des rares chambres encore libres, qui serait désormais la sienne. En grandissant, il n'avait jamais réussi à se faire ne serai-ce qu'un seul ami. A la cantine, il ne savait jamais avec qui manger. Tout le monde l'ignorait. Et c'est, je pense, la pire des choses. On ne le méprisait pas, non, on ne faisait juste pas attention à lui. Personne ne le détestait, mais personne ne l'aimait vraiment non plus...Mais il ne parlait pas...Quand il était avec d'autres élèves, il s'effaçait. C'était sa technique à lui. Il ne parlait pas mais il écoutait. Il n'avait rien d'autre à faire de toute façon il n'était pas intéressé par leurs conversations ! Il les trouvait particulièrement sans intérêt et dénuées de sens. Mais un jour, il changea. Un peu.


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# Posté le mercredi 27 février 2008 16:36
Modifié le lundi 29 juin 2009 05:58

**★ Chapitre 3**

**★ Chapitre 3**

Une nouvelle pensionnaire, nommée Elise, arriva dans la même chambre qu'Elie. Cette rencontre bouleversa sa petite existence encore fragile. Un sourire illuminait son visage lorsqu'il l'apercevait. Elle parlait peu, mais des forts liens s'étaient créés au fil du temps. Au début, cette fille intriguait beaucoup notre jeune garçon. Mais il la comprenait. C'est comme si quelque chose de spécial les unissait. Peut-être la solitude. Elle ne lui avait jamais dit, mais il le savait.

Elie était toujours avec elle, et ne la quittait pas. Ils se disaient qu'ils étaient pareils. Après tout, ils n'avaient qu'une lettre de différence ? Il en était presque dépendant mais il ne savait rien d'elle : son passé, ses pensées, son futur...mais tout cela lui importait peu. Il avait juste besoin d'elle. C'en était presque vital et indescriptible. Mais pour quelle raison ? Il n'en savait rien non plus. Elle était d'une douceur infinie et toujours à l'écoute des autres. Elle seule s'intéressait à ce qu'il disait. En sa présence, il avait juste l'impression...d'exister...Elle était toujours la quand il en avait besoin. Il l'aimait profondément...jusqu'à ce qu'elle soit adoptée.

Ce jour fut le plus triste de son existence...On venait de lui prendre ce qu'il y avait de plus cher à ses yeux. Sa raison de vivre. Bill était inconsolable. Ses adieux avec sa petite perle avaient été déchirants. Et son c½ur était redevenu vide. Comme avant. Elle était la seule à le comprendre et à savoir qui il était véritablement, à connaître sa vraie personnalité, son moi intérieur...et on le lui avait pris. Qu'allait-t-il faire sans elle ? Il se sentait complètement inutile. Alors il fit ce qu'elle lui avait évoqué un jour, mais qu'il avait refusé pour ne pas la perdre : partir au combat. Il ne voulait pas y aller par peur de ne pas revenir et de la laisser seule. Mais maintenant qu'elle n'était plus la...il n'avait plus rien à perdre. Alors il partit, dans l'espoir de trouver là-bas une vie meilleure.

De plus, lorsqu'Elise fut partie, l'administration ne trouva rien de mieux que de la remplacer par un garçon horrible et sans c½ur de nom de Jérémy. Il était sans pitié et cruel...et n'avait que treize ans. Et à cause de son jeune âge, tout ce qu'il faisait de mal retombait inévitablement sur Elie qui encaissait sans rien dire, bien trop achevé par le départ de sa petite fée. A partir de ce jour la, ça vie était devenue un enfer...et c'était d'ailleurs pour cela qu'il partit se battre le sourire aux lèvres...

Quand il regardait Tomas, il repensait à Elise. Elle lui manquait tellement...et Elie avait comme l'espoir de combler le vide qui s'était désormais logé dans son c½ur avec lui. Il voulait le connaître plus, il voulait qu'il devienne son confident pour ses pensées les plus intimes. Pourquoi ? Il n'en avait une fois de plus aucune idée. Mais il suivait son instinct. Il l'avait suivit pour Elise, pourquoi pas pour Tomas ? On ne sait jamais...ça pourrait peut-être marcher...Il laissa encore vagabonder son esprit quelques instants puis Tomas vint le sortir de sa torpeur. Elie releva légèrement son visage inondé de larmes vers lui et lui offrit un timide sourire...

- « Ah...ça va mieux on dirait non ? »

Elie fit un timide hochement de tête.

- « Tu veux que je te présente quelques personnes ? Allez viens ! Ils sont super sympa tu verras ! » affirma-t-il

Il donna une petite tape dans le dos d'Elie puis tendit sa main pour l'inviter à le suivre. Ils avancèrent quelques instants, Tomas ouvrait la marche. Ils étaient tous deux à demi courbés et évitaient comme ils pouvaient les cadavres qui jonchaient le sol. Soudain, Elie poussa un cri. Tomas se retourna rapidement et le vit sauter partout, comme pour éviter une menace fantôme, car il avait beau plissé les yeux, Tomas ne parvenait pas à percevoir ce qu'il pouvait l'effrayer à ce point.

- « Aaaaah ! C'est quoi cette chose ??? » cria-t-il, complètement effrayé.

Il hurlait à présent. Tomas rigola en s'apercevant que ce n'était qu'un simple rat. Certes, un peu gros, mais il restait tout même un rat.

- « T'as peur des rats toi ? » demanda Tomas.
- « Non mais t'as pas vu celui-la ? Il était énorme ! Ils sont mutants les rats dans ce coin ou quoi ? »

Tom était littéralement explosé de rire face au visage béat et effrayé de son camarade. Elie, par contre...rigolait un peu moins.

- « Bon. Je t'explique. Ça s'appelle un rat de cadavre. S'ils sont si gros c'est parce que euh...ben...ils mangent les cadavres... » lui informa-il en rigolant.
- « Ah mais c'est dégueu ! »
- « Oui fin bon je m'y suis fait. Par contre fait gaffe à ton pain ! Ils mangent ça aussi. Et puis la nuit ils te marchent dessus c'est super désagréable.»
- « ... T'as rien de plus morbide à me raconter là ? »

Il avait dit ça dans un demi-sourire. Il ne voulait tout de même pas blesser son...nouvel ami ?

- « Désolé » dit-il doucement dans un sourire « Bon je te présente mes amis. »

Ils marchèrent encore quelques instants, essayant parfois de commencer une conversation. Ce qui se révélait assez difficile à cause des bruits environnants. Puis Tomas s'arrêta à la hauteur de plusieurs soldats en train de boire. Il mit beaucoup d'entrain à lui expliquer toute la personnalité et la vie de ses amis. Il connut donc Gustav, Jan et Andréas. Avec la description de Tomas, ils avaient l'air plutôt sympa...et Elie avait l'impression de les connaître depuis toujours ! Puis, le dialogue commença. Ils firent plus amples connaissance, mais tous s'arrêtèrent de parler en même temps lorsqu'un soldat légèrement amoché atterrisse non loin d'eux. Sa main était posée contre son torse, enfin ce qu'il en restait, où se trouvait une plaie béante. La moitié avait disparu, et il avait perdu un bras. Le sang coulait abondement et sa respiration était saccadée et bruyante.Il était clair qu'il l'en avait plus pour très longtemps, blessé comme il était. Il essaya péniblement de se relever mais en vain. Son corps baigné de sang tomba lourdement sur le sol. Elie voulut s'avancer pour l'aider mais Tomas le retenu par le bras et lui chuchota :

- « Chut...Regarde... » chuchota-t-il.

Tomas baissa les yeux. En effet, rapidement un homme gradé arriva près du mourant, l'observa quelques instants puis pointa son arme vers lui. Elie le regardait avec horreur. Au moment où l'homme allait tirer, il ferma les yeux à son tour et se retourna vers Tomas. Il entendit une détonation, un dernier gémissement et un ultime soupir provenant du soldat, puis plus rien...Il était mort. Notre jeune soldat n'osait pas se retourner. Non, il n'avait pas la force de faire face à la mort. Pas encore. Ses yeux étaient embués de larmes et ses membres tremblaient. Il ne s'en était pas aperçu tout de suite mais Tomas avait placé ses mains sur ses épaules, comme pour le soutenir. Elie murmura un faible pourquoi à son égard. Tomas prit sa respiration, puis dit lentement :

- « C'était... une arme blanche. Ça se passe toujours comme ça lorsque l'on sait que le soldat va... » commença-t-il.

A ce moment la, Tomas fit une longue pause...puis poursuivit, dans un souffle presque inaudible...

- « Mourir... »

Oui...en effet...Il savait qu'il allait mourir et c'était dans ses instants la, lorsqu'un soldat était achevé par un gradé, qu'il en prenait véritablement conscience...Il avait peur. Mais ne dit-on pas que la mort n'est qu'un passage vers un sommeil éternel ? Oui mais voila...Tomas ne voulait pas mourir. Il voulait continuer de vivre paisiblement cette vie qui lui avait sourit pendant son enfance jusqu'à ce que ce mal incurable le frappe.



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# Posté le mercredi 05 mars 2008 11:52
Modifié le lundi 29 juin 2009 05:58

**★ Chapitre 4**

**★ Chapitre 4**
Jusqu'à ce que le plus terrible des maux ne vienne l'atteindre. Oui, Tomas était malade. Il avait appris la nouvelle quelques semaines avant de partir, il n'avait pas supporté. Désormais, à chaque instant, il se sentait partir, chaque fois un peu plus. Le mal montait en lui, tel un poison, sans que rien ne puisse l'arrêter. Il avait malgré tout espéré, oui, il avait espéré, mais en vain... Non, le cancer est une maladie que même aujourd'hui on ne sait toujours pas soigner. Et il le tuait, chaque jour encore un peu plus, se diffusant en lui, profitant de la moindre parcelle de sa vie, la détruisant ensuite. Commencer doucement, pour mieux foudroyer.

A l'aide !

Personne n'entends ses appels au secours non... Il se meurt, mais de l'intérieur, seul. Désespérément seul.

Mais comment se fait-il que l'on ai si peu à se dire, lorsque l'on sait que l'on va mourir ? Alors il préféra s'en aller. Les laisser. Loin de cette vie, loin de sa patrie, loin de ses amis, loin de cette maladie. Mais non,ne te fais pas d'illusion Tom. Elle est en toi. Tu ne la quitteras pas !Que de rêves brisés, pour l'éternité. Mais pourtant, qu'avait-il fait de si horrible pour mériter ça ? Rien, évidemment. Il n'était qu'un enfant, un petit enfant, innocent comme tant d'autres. Et c'est pour ça que ce mal est d'autant plus cruel. Il tue lentement, fait souffrir, prends des vies, les retire, pourquoi ? Pour rien.

On n'échappe pas à son destin, aussi triste et injuste soit-il. Il faudra s'y faire et si tu n'y arrives pas, et bien tant pis pour toi ! Oui, c'est cruel, mais c'est comme ça.

Oui, quand Tomas l'a su, il est parti, mais il ne faut pas lui en vouloir. Mettez vous à sa place ! Comment réagiriez vous si vous étiez condamné ? Non. Ne répondez pas. Vous ne pouvez pas savoir, ne serait-ce qu'un instant, ce que ressent Tom à se moment, car vous ne l'êtes pas, tout simplement ! Alors ne soyez pas égoïstes, et laissez le vivre, tant qu'il en est encore temps... Alors assumez et acceptez ses choix, car ils seront peut-être les derniers. Ne pleurez pas. Pas encore. Il est toujours la, même s'il n'est pas à vos cotés. Il ne voulait pas rester la à s'apitoyer sur son triste sort. Il voulait se rendre utile au combat, pas rester là à attendre que la mort veuille bien venir le chercher. Mais n'auriez vous pas peur si vous saviez que vos jours étaient comptés, qu'à chaque instant elle se rapprochait, toujours un peu plus, un peu plus près ? La mort est cruelle...elle n'a aucun sentiments et n'a que faire de les vôtres. Elle...elle est déjà morte...Sa vie, on le lui a déjà enlevée. Alors, elle veut simplement se venger... Oui, je suis d'accord, c'est injuste, mais on n'y peut rien. Personne n'y peut rien. C'est la vie, enfin, la mort...

Une larme de cristal perla sur le coin de la prunelle de Tomas, qu'Elie aperçut. Il n'en savait pas encore la cause, mais il ne lui demanderait pas, pas encore... Il attendra le temps qu'il faudra. Il lui dira quand il sera prêt à se confier...Pour l'instant il ne le connaissait pas assez.

Il se surprit à essuyer cette unique larme, ce qui étonna son ami. Il releva lentement la tête pour le regarder dans les yeux. Elie se perdait dans leur marron profond. Il se noyait dans la couleur infinie de ses deux petites amandes tristes... Aucun des deux ne parlait. Ils n'en voyaient pas l'intérêt. Ils se comprenaient dans leur regards...L'espace d'un instant, Tomas oublia la raison de sa présence ici. Puis leur quiétude fut brisée par Andréas qui se remit à parler...Et la conversation reprit, ainsi que la guerre, les balles, les obus, les morts... Un officier passa et ils se remirent tous rapidement à combattre.

Quelques semaines passèrent, toutes les mêmes, les balles fusent, les obus sifflent au dessus de leur tête, détruisant tout sur leur passage. Elie commença à comprendre que tout cela c'était que le début. Le début de quelque chose de long, de douloureux. D'éternel ? Puis la faim vint. Cette faim. Cette terrible la faim, qui manipulait leurs esprits, dirigeaient leurs pensées, les omnibulait.

Une profonde amitié naissait entre nos deux précieux soldats. Ils s'aidaient, se soutenaient, mutuellement, c'est tout ce qu'ils pouvaient faire de toute façon, non ? Rien ne pouvait les séparer, sauf peut-être l'arrivée de quelque chose. Ou plus précisément, de quelqu'un


[1][50][100][150]
# Posté le vendredi 07 mars 2008 14:17
Modifié le lundi 29 juin 2009 05:58